Feb 27, 2012
Christophe Lauer

Comment je me suis – sans doute – trompé au sujet de Pinterest et pourquoi le service sera encore là dans six mois

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Je pense avoir à peu près lu tout ce qui pouvait être lu au sujet de Pinterest ces dernières semaines. Le service est au sommet du hype et on ne compte plus les articles et présentations qui lui sont consacrés.

Nous avons tous vu passer les articles qui soulignent l’explosion carrément exponentielle du nombre de membres et de l’utilisation du service aux USA, chiffres confirmés dernièrement par comScore, même si ce phénomène ne semble pas encore être arrivé dans la vieille Europe.

Pinterest for Businesses. Really?

Mais c’est quand j’ai commencé à voir apparaître plusieurs présentations vendant les avantages et les opportunités d’utiliser Pinterest dans un contexte de business que j’ai commencé plus sérieusement à m’interroger. Si vous ne les avez pas vues encore, je vous invite à consulter les trois présentations “Pinterest for Businesses” dont la première est de Emmanuel Vivier, une autre par Gregory Pouy et enfin une dernière en Anglais par l’agence 6S Marketing.

Juste une mode ?

Ma première réaction, comme beaucoup je suppose, a été de considérer que cette phase de surmédiatisation de Pinterest était sans doute un effet de mode et qu’à l’instar de Quora, ce service allait sans doute disparaitre dans les 3 ou 6 prochains mois.

Sans trop entrer dans les détails, et pour faire court, voici les principales raisons pour lesquelles je doute des opportunités business de Pinterest dans l’état actuel des choses :

  • - Rappelez-moi à quel besoin correspond ce service ? OK, même si la même question pouvait être posée sur twitter il y a quatre ans de ça
  • - Aucune fonctionnalité qui ne soit pas déjà offerte par d’autres services, tumblr ou autres
  • - De “pin” en “repin” les liens initiaux vers les sites des marques et les sites marchands sont perdus
  • - Contrairement à tumblr, aucun moyen d’insérer des marqueurs Google Analytics
  • - Un format très simple, voire simpliste, en particulier dans le texte accompagnant un “pin”. Pur texte au kilomètre sans mise en forme
  • - L’interface utilisateur n’est pour l’instant que en Anglais
  • - C’est le dernier jouet chouchou de la Silicon Valley, et comme pour Quora ou Path, “on” passera rapidement à autre chose
  • - etc. on pourrait en lister encore beaucoup d’autres

Qui sont les utilisateurs ?

Et donc j’ai cherché à comprendre d’où venait cet engouement, et quel était le point de départ. J’ai aussi cherché à comprendre qui y fait quoi et comment autant de personnes peuvent passer autant de temps dans ce service. Le première donnée qui ressort de la majorité des articles c’est que l’audience de PInterest est très majoritairement féminine comme on peut aussi le voir sur cette infographie.

Et puis j’ai eu l’idée de fouiller un peu dans Google Correlate, et voilà ce que j’y ai trouvé. Ca vaut ce que ça vaut – et on sait via correlated.org combien certaines corrélations peuvent être farfelues – mais c’est un point de vue sur Pinterest que je n’ai vu dans aucun article et je pense qu’il est assez intéressant.

De façon complètement atypique, l’audience de Pinterest en Amérique du Nord est située principalement dans les états du centre, à cheval entre les région du Sud et du Midwest: Arkansas, Oklahoma, Mississippi, Tennessee, Alabama, et également l’Utah plus à l’ouest.

Ce schéma est particulièrement intéressant car je n’ai trouvé aucune autre startup ayant une répartition comparable : la quasi totalité des autres ont – toujours selon Google Correlate – des audiences réparties sur les états des côtes Ouest et Est mais assez faibles dans les états du centre.

Pinterest

Hint: Cliquez sur les visuels pour aller explorer les résultats de Google Correlate par vous-même. Scrollez en bas de page pour voir les graphiques avec le mapping sur les états US, en dessous de la liste des mots clé de recherche.

Vous pouvez le voir par vous même ci-dessous avec les résultats de recherche sur Quora, Instagram, Storify, etc. Ces régions sont d’ailleurs les mêmes que celles qui ressortent de Google Correlate sur les termes “startup” ou TechCrunch.

Quora

Instagram

Storify

TechCrunch

Ce que Google Correlate nous dit sur Pinterest

Autre chose intéressante que nous raconte Google Correlate, c’est justement les corrélations sur les autres termes et recherches dans le moteur. On y voit ainsi des corrélations avec :

- nursery ideas
- devotionals
- valentine gift ideas
- boy birthday party
- reasons to divorce (sic!?)

Pour ne pas louper un bon mot au sujet de la corrélation avec “reasons to divorce” : messieurs, si votre chère et tendre est fan de Pinterest et y passe beaucoup de temps, peut être devriez vous vous interroger… ;)

Ensuite, vous pouvez aussi faire des recherches sur les termes tels que “mortgage”, “refinance”, “debt”, “unemployment”, “homework”, “housekeeping” et vous verrez alors peut être apparaitre un pattern :)

Le mot de la fin

A la lumière de ceci, je pense que contrairement à d’autres startups qui ont connu la gloire via un billet sur TechCrunch ou à un flood par Robert Scoble, on dirait plutôt ici que Pinterest a trouvé son audience. Ou plus exactement on dirait que l’audience de Pinterest a trouvé l’outil dont elle s’est emparée et qu’elle a adopté au delà de tout effet de mode induit par les spécialistes et autres early adopters habituels de la Silicon Valley.

Du coup, je ne suis plus aussi convaincu que Pinterest aura disparu dans 3 ou 6 mois et que son audience et son succès ne sont qu’un bref phénomène de mode. Il me parait clair à présent que son interface et ses fonctionnalités hyper simples ont fait mouche et ont su séduire une audience qui n’aurait pas nécessairement pris le temps ou fait l’effort de se plonger dans tumblr, ou d’autres services similaires.

Pour autant, il n’en reste pas moins que pour le moment l’audience en France reste encore faible et que toutes les marques ou tous les secteurs ne sont pas égaux face à Pinterest. Si ça semble avoir beaucoup de sens pour Etsy ou des marques qui sont des annonceurs habituels des magazines féminins, ou dans une certaine mesure pour Whole Foods Market, j’y crois moins pour Easyjet ou des marques technologiques.

A suivre…

Feb 22, 2012
Christophe Lauer

Les internautes Français et les marques sur les Réseaux Sociaux

C’est le site eMarketer.com qui rapporte les résultats d’une étude récente de l’IFOP au sujet des internautes Français et de leur comportement dans les réseaux sociaux vis-à-vis des marques.

Le premier point à noter, est un ralentissement de la croissance du nombre d’internautes Français dans les réseaux sociaux, l’article parle même d’un “plateau” suggérant que cette croisssance serait quasi nulle.

Plus en détails, l’étude de l’IFOP rapporte que parmi les 40 millions (approximativement) d’internautes Français, il y en aurait seulement 16% qui suivent au moins une marque dans les réseaux sociaux, contre un bon gros 84% qui n’en suivent aucune.

En revanche, ça ne signifie pas pour autant que les 84% qui ne suivent pas une marque explicitement ne voient jamais une publicité dans Facebook – c’est nécessairement le contraire d’ailleurs – et ça ne signifie pas non plus que ces 84% de non-fans ne puissent pas être ponctuellement séduits par une opération ou une campagne qui aurait du sens pour eux, ou qui leur serait utile.

On en revient toujours au même leitmotiv, il est primordial pour une marque de soigner sa présence et ses actions sur les réseaux sociaux, sous peine d’être complètement ignorée par les internautes. Ceci n’est pas nouveau.

L’autre observation que l’on peut en faire, c’est que les 84% d’internautes qui ne suivent pas une marque dans les réseaux sociaux vont avoir a priori assez peu envie d’y effectuer un acte d’achat. Ceci est à remettre en perspective avec les annonces récentes de quatre grandes marques de la distribution aux US – GAP, J.C. Penney, GameStop et Nordstrom – qui ont décidé de fermer leurs boutiques dans Facebook, ce qui annonce la fin du fantasme du “f-commerce”.

Sur ce dernier point, ce serait une autre erreur de considérer que l’échec du f-commerce doive entrainer l’arrêt des activités autour du “Social Commerce”. Bien au contraire : le commerce est depuis la nuit des temps une activité très sociale, par essence, et le commerce électronique peut bien sur bénéficier des atouts des réseaux sociaux. Mais pas en y implantant une boutique et en attendant le chaland, c’était là l’erreur.

Feb 21, 2012
Christophe Lauer

Everything is a Remix, the final episode

This is both a good and a bad news: The fourth episode of the series of videos “Everything is a Remix” by Kirby Ferguson is now online. The bad news is that it’s the last of the series.

If you’ve never heard about these 20 minutes videos – actually you should if you follow me as I talked about the previous episode last year on my tumblr – I suggest that you start by watching the first episode, and then the following.

This last episode comes in a perfect timing, as the discussions around ACTA, SOPA and PIPA are hot topics at the moment. This is a great content, and if you like it, you can donate some money to help and support the costs.

Everything is a Remix Part 4 from Kirby Ferguson on Vimeo.

Feb 17, 2012
Christophe Lauer

(From SlideShare) Facebook goes public. What now?

Here is one of the best content that I’ve seen lately about Facebook, and the fact that the social network is going public. It comes from Publicis Modem London, it is published on SlideShare, and I really recommend that you spend some time browsing through it’s content.

If I summarize: More than 85% of it’s revenue comes from advertising. Facebook is soon going public with a valuation of roughly $100bn. At first sight, you can think that this number is absolutely huge, and that it could hardly make multiples, which is basically the reason why investors would invest.

But then you realize that facebook in 2010 grabbed only a small 3% of the total digital market, when Google earned a comfortable 46%. The ARPU of a Google user is 8 times more than the ARPU for a Facebook user, so there’s room for a progression.

How can facebook increase it’s revenue? Either by adding more users, or by selling more ads, or by selling more performant and more expensive ads.

In some geographies, the facebook penetration is approaching saturation. The growth in terms of users is slowing down, but the time spent and the stickyness is still growing, as you can see by checking the ratio of facebook DAU over MAU that keeps growing.

So, the other option is to push more ads to the users – we have seen lately a new picture viewer which now can display ads in the right column – and also to make better and more expensive ads, by better target profiling. This is where the new “Open Graph v2″ APIs comes to play, and will allow a never seen before highly accurate and fine user profiling by logging each and every of your so-called “frictionless activities”. What you read, what you listen to, the videos you’re watching, and so on and so forth, all your actions “online” – and not only while in Facebook, and now only in your browser, just think of your Spotify player on your iPhone… – will sculpt a very realistic portrait of you as a consumer.

This is a brilliant strategy to build a much better and finer ads system than the current Google AdWords leader. No doubt that the gap between the 3% and 46% of the digital pie between facebook and google from 2010 will soon become a figure of the past.

To be continued… :)

Oh, and make sure you don’t miss their 9 points in the “What If” section, starting at slide #52.

Ever though of the potential of these 9 ideas that facebook could eventually implement someday? Can you feel that power?

Feb 5, 2012
Christophe Lauer

Le Super Bowl en quelques chiffres… étonnants !

Ce week-end a lieu la finale du Super Bowl 2012, l’évènement sportif numéro #1 aux Etats-Unis. De ce côté de l’Atlantique, on connait surtout le Super Bowl pour les publicités qui sont diffusées à la mi-temps et pour lesquelles les marques et les agences rivalisent en inventivité et en créativité pour séduire les spectateurs, en escomptant sur le buzz et la viralisation à la clé.

Mais au delà des publicités, comme on est bien obligés d’admettre que dans notre grande majorité on n’y connait rien aux règles du football Américain, alors que savons-nous au juste sur ce Super Bowl ?

J’ai trouvé cette présentation qui nous vient du planning strat de Havas Media sur SlideShare, et elle présente quelques chiffres qui donnent toute la mesure – ou plutôt devrais-je dire toute la démesure – de cet évènement sportif. Voyez par vous-même après la slide #14.

Ainsi, pendant la finale c’est :

  • ° USD $3,5M pour un spot de pub de 30 secondes
  • ° 4,000 tonnes de pop-corn
  • ° 14,000 tonnes de chips et autres tacos
  • ° 26,000 tonnes d’avocat
  • ° 1,25 milliard de “Chicken Wings”
  • ° +20% de vente des tablettes anti-acidité pour la digestion (Rennie et consorts…)
  • ° et un absentéisme au travail assez remarquable le lendemain ;)

Enjoy! ;)

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A propos


A propos : Consultant solutions sur le Marketing Cloud chez Adobe, région Southwest Europe.
Ex-Microsoftee de 2001 à 2011.
Je vis entre Paris et New-York entre Paris et deux avions, et ceci est mon blog personnel.
"Opinions are mine. Best viewed with a brain. Yada yada ..."

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