Browsing articles in "IoT"
May 10, 2016
Christophe Lauer

(Archive) Pourquoi le rachat de NEST par Google ne signe pas l’entrée de Google dans l’IoT

Cet article avait été initialement publié le 29 Janvier 2014 sur le blog Diginomos, a présent disparu. Ce billet est une archive. 

English version also available here.

Abstract

Contrairement à tout ce qu’on a pu lire ou entendre, le rachat de NEST par Google pour $3.2 milliards n’est pas un pari sur l’internet des objets, c’est une transaction clairement ancrée dans l’économie réelle. Décryptage.

Foreword

Annoncé le 14 janvier dernier, soit quelques jours après la clôture du salon CES de Las Vegas, le rachat de la startup Californienne NEST par Google a depuis fait couler beaucoup d’encre numérique.

NEST CEO Tony Fadell

La presse – dont c’est le métier – n’a pas tardé à relayer l’information et à la commenter. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que Google fait une acquisition à plus de $3.2 milliards en cash !

Simultanément, les journalistes et autres analystes se sont alors essayé à l’exercice de décrypter, d’expliquer  et de rationaliser ce rachat, avec plus ou moins de succès.

Pour ma part, n’étant pas convaincu par les premières explications trop faciles et trop évidentes (sans parler de celles carrément simplistes) je me suis laissé le délai de la réflexion, et à ce jour je pense apercevoir le début d’une réponse plausible. Je vous explique tout ça dans la suite.

Google confirmerait ainsi le marché gigantesque de l’internet des objets

Première explication facile et évidente : En rachetant NEST, Google ferait un investissement sur le futur et prendrait une place de choix dans le marché en devenir de l’Internet des Objets.

On a toutes et tous lu à ce sujet l’avis du cabinet Gartner qui avance des chiffres mirobolants en termes d’opportunités de business dans l’ IoT :  des projections allant sur 26 milliards d’objets connectés à horizon 2020 et un marché global chiffrant à $1.9 trillion soit $1900 milliards dont un revenu incrémental dépassant les $300 milliards. « Huge! » comme dirait Jean-Claude Vandamme.

Alors s’il est certain que cette acquisition permet à Google d’entrer de plein pied dans le secteur – encore naissant – de l’internet des objets, et qu’il lui donne une voix et un droit de siéger dans ces groupes de travail et autres consortiums en devenir dont il est pour le moment encore absent, on ne peut pas pour autant expliquer cette acquisition que par un énorme pari sur l’avenir de ce marché.

Avec un prix d’achat à $3.2 milliards – et en omettant les frais d’intégration, de marketing et de fonctionnement à venir – il faudrait pour que Google soit break even que NEST réussisse à vendre un thermostat au prix unitaire de $250 à la moitié des 132 millions de ménages nord américains, ce qui représenterait avec leurs ratios actuels un revenu d’environ $16.5 milliards et $3.3 milliards de marge. Il est assez peu probable que ceci se produise, ni à court ni à moyen terme.

En outre, ne perdons pas de vue que contrairement à un iPod ou bien à un iPhone, un thermostat NEST fonctionne sur un marché d’équipement et pas un marché de renouvellement : personne ne va changer son thermostat domestique tous les 24 ou 36 mois.  Mais surtout on ne peut pas consommer ni acheter des contenus ou services complémentaires depuis un NEST. Enfin, pas pour le moment, mais vous allez voir que c’est une chose qui figure dans les plans de NEST.

Google s’invite dans la maison

Une autre explication que l’on retrouve souvent dans la presse, mais toujours aussi peu convaincante : En rachetant NEST, Google s’invite dans la maison et va pouvoir tout savoir et tout apprendre sur les habitudes de vie et de consommation de ses habitants.

Immanquablement arrive tout de suite après le sujet de l’exploitation des données personnelles et tous les fantasmes qui vont autour – ce qui peut se comprendre en plein psychodrame de la NSA – et une théorie selon laquelle Google nous placerait des publicités ciblées sur la base de cette collecte de données domestiques. Non seulement cela n’est pas possible du fait des Privacy Policies de NEST mais on voit mal comment ces données renseigneraient mieux Google que toutes celles qu’ils ont déjà à disposition via notre smartphone Android qui nous suit partout.

Alors oui certes, on pourrait imaginer aisément quelques scénarios intéressants en couplant des données de notre agenda, de la météo et de notre thermostat à domicile, le tout rendu via Google Now sur votre téléphone Android. OK, soit.

Mais ceci n’a rien d’aussi disruptif qu’on veut bien le penser, et surtout il n’y a finalement là dedans rien d’aussi lucratif que le business publicitaire actuel de Google, qui est sa vraie vache à lait. Ce business publicitaire dégage plus de 60% de marge et finance en la plupart des autres activités qui ne sont encore que des expérimentations et des vrais centres de coût.

Pour le reste, n’oublions par que le sujet de la Domotique est antérieur à internet. Il y a eu dans les années ’80 des expérimentations de Domotique et de systèmes de GTC dans le bâtiment (Gestion Technique Centralisée) à base de… terminaux Minitel. Ca fait plus de 20 ans que l’on teste et que l’on expérimente dans la domotique, sans que ce secteur n’ait connu de succès au delà d’un petit nombre de bricoleurs et de technophiles. Il y a bien une raison à celà.

Alors 2014 serait-elle l’année de la domotique ? Ou peut être 2015… Peut être bien. Peut être comme cette prédiction qu’on entend à chaque nouvelle année et qui la présente comme étant « enfin l’année du mobile ».

Google renforce son inventaire de brevets

Autre piste et autre explication avancée par la presse : NEST a certainement déposé toute une panoplie de brevets et Google souhaiterait les ajouter à son portfolio de façon à éviter d’éventuels problèmes juridiques et commerciaux à l’avenir. Peut être.

Mais tout de même : payer $3.2 milliards juste pour acquérir de la propriété intellectuelle ? Il y a pourtant un précédent similaire chez Google :  si on considère que pour l’instant l’acquisition de la branche mobile de Motorola pour un chiffre record de plus de $12 milliards (1) a surtout permis à Google de poursuivre le développement de Android en se mettant à l’abri de procès et en tenant à distance bon nombre de Patent Trolls.

Mais alors pourquoi au final ?

On finit par tourner en rond et se gratter la tête en cherchant une explication rationnelle et plausible.

Même Jean-Louis Gassé, lui même ancien de chez Apple, concluait un article fort bien argumenté et documenté en se demandant si cette acquisition correspondait vraiment à une stratégie clairement définie, ou bien si elle avait eu lieu juste parce que Google en avait les moyens.

Pour Barry Rithholtz du Washington Post, il pourrait simplement s’agir d’une action défensive – une sorte de police d’assurance – payée pas si cher que ça en final, en considérant les revenus trimestriels et le cash flow de Google. Il y a sans doute aussi un peu de ça, mais encore une fois, l’explication réside ailleurs.

Jean-Louis Gassé rappelle aussi dans ce même article que plusieurs voix s’étaient exprimées en regrettant que NEST n’ait pas été racheté par Apple : selon ces personnes, NEST aurait plus d’affinités avec Apple qu’avec Google. Je ne partage pas cet avis.

En effet, au delà du design de l’objet, de la précision de sa fabrication et de l’expérience utilisateur « Out of the Box » qui font fortement penser à Apple, pour le reste tout ressemble furieusement à un pur projet d’ingénieur à la Google.

Tandis qu’Apple se serait sans doute contenté de proposer des boites de thermostats NEST dans ses Apple Store s’ils en avaient fait l’acquisition, par contraste Google lui sait exactement quoi en faire. Et ça change tout !

Introducing NEST Energy Services…

En cherchant un peu d’informations, on finit par trouver des choses très intéressantes, et en particulier on apprend l’existence des NEST Energy Services, une offre qui vient de façon très logique enrichir la proposition de valeur des thermostats NEST .

On comprend alors que la finalité de l’objet n’est pas tant le service rendu au consommateur en lui proposant plus de confort et une meilleure expérience utilisateur. Non, une fois de plus, la vraie valeur de ce thermostat intelligent et connecté est ailleurs.

Sa valeur réside dans le fait que NEST a noué des accord commerciaux avec plusieurs fournisseurs d’énergie, et que ces derniers offrent des incentives en cash aux clients qui acceptent de jouer le jeu.

L’objectif ? L’objectif c’est de mieux maitriser et réguler la consommation d’énergie.

Il s’agit de lisser la consommation d’énergie non pas à l’échelle d’une maison, mais à l’échelle d’un ensemble d’habitations,  d’une ville ou d’une agglomération pour éviter les pénuries d’énergie qui sont couteuses à la fois aux consommateurs (le prix de l’énergie pouvant alors subitement être multiplié par 100) et aussi aux fournisseurs (ce marché étant régulé aux US, le prix maxi facturé au consommateur est plafonné, la différence devant être réglée par le fournisseur d’énergie).

Le thermostat NEST est le capteur qui permettra aux fournisseurs d’énergie d’atteindre la maitrise du Smart Grid.

Et ici, les enjeux sont énormes, et concernant absolument tous les foyers. On est bien loin du sujet des gadgets à la mode et de l’internet des objets…

Parmi tous les analystes et acteurs qui ont commenté le rachat de NEST, Fred Potter le CEO français de Netatmo est certainement celui qui a vu juste parmi les premiers. Bravo !

Google et le marché de l’énergie donc ?

C’est en connectant tous les points que le schéma apparaît.

C’est peu connu mais une filiale de Google nommée Google Energy LCC a reçu de la FERC les autorisations nécessaires pour être un opérateur sur le marché de l’énergie et pouvoir vendre et acheter de l’énergie au prix du marché. C’est cette interview qui révèle ce fait très inhabituel pour un acteur tel que Google (voir à 1’40’’).

Vous commencez à voir le schéma qui se dessine ? Très bien. Maintenant vous pouvez relire cet article de Avril 2013 à propos de NEST Energy Services et tout sera à présent beaucoup plus clair.

En prenant un peu de recul

On tient là une explication autrement plus plausible que celles faisant références à un investissement de Google sur le marché de l’internet des objets, un marché encore incertain et dont la quasi majorité des offres sont à ranger au rayon des gadgets, tant ces objets ne répondent pas à un réel besoin, ou bien rendent une valeur et un service pour le moins aléatoire.

Le rachat de NEST par Google, c’est bien un évènement de l’économie réelle, et pas un pari sur une nième itération générationnelle de l’Internet.

Au delà de NEST

C’était tout de même assez délectable de lire certains analystes s’extasier sur l’objet thermostat de NEST et vanter l’excellence de la réalisation de l’objet, arguant que Google n’est pas une boite qui sait faire du hardware, et que l’acquisition de NEST allait pouvoir leur permettre d’innover sérieusement. C’est un peu l’histoire du sage, de la lune et du doigt. Amusant.

Pendant ce temps là, Google a également racheté une demi douzaine de boites dans le domaine de la robotique, dont Boston Dynamics qui fait des choses tout bonnement hallucinantes, et dernièrement on a aussi entendu parler de Deepmind, une boite spécialisée dans l’intelligence artificielle, mais très discrète sur ses travaux et ses recherches. Mais bizarrement tout ceci a généré bien moins de réactions que l’acquisition de NEST.

En regardant tout ceci avec un peu de recul, le pattern apparaît et c’est finalement cohérent avec ce à quoi Google nous a habitués depuis toujours : utiliser la technologie pour résoudre des problèmes courants de la vie de tous les jours et simplifier des tâches humaines récurrentes : des voitures Google Cars sans chauffeurs, aux robots domestiques, aux lentilles de contact intelligentes pour les diabétiques, etc, les mots clés sont simplification, automatisation et optimisation.

A suivre, donc…

Notes et références

(1) Au lendemain de la publication de cet article, Google confirmait céder une partie des assets et des activités de Motorola Mobility au chinois Lenovo. Google conserve cependant le portefeuille de plus 10,000 brevets venant de Motorola. Le montant de la vente ? Un peu plus de $2.9 milliards. Tiens tiens, mais on dirait que Google vient de se rembourser du montant de l’achat de NEST…

Feb 1, 2014
Christophe Lauer

Google’s NEST acquisition is not about the Internet of Things

Abstract

Forget everything you’ve read about why Google buying NEST is all about the Internet of Things. No, it’s not. This acquisition, for a mere $3.2bn in cash, is clearly rooted in the real economy. And here is why.

Foreword

Announced on January 14th, just a few days after the end of the CES in Las Vegas, the acquisition of NEST by Google had people talking a lot.

NEST CEO Fadell

The press was fast to spread and comment the news. It’s not so common that Google makes a $3.2bn acquisition.

Then, many journalists and analysts tried to explain the meaning of this acquisition and to decipher the rationale behind it.

But I wasn’t really convinced by anything I’ve read, most of these articles provided explanations that were too obvious and too easy – not to mention some of them being very simplistic. So I allowed myself some time to think about, and now I think I have a pretty decent explanation.

Google confirms the huge potential of the Internet of Things? No.

One of the easy and obvious explanations one could read: By acquiring NEST, Google is making a big bet and investing in the nascent market of the Internet of Things.

We’ve all heard from the Gartner about the huge business opportunities that lie in the future market of the Internet of Things. Their analysts are bragging on projections up to 26 billion connected devices by 2020, thus creating a global market of $ 1.9 trillion (yes this is $1900 billion!) with an incremental income of more than $300bn. This is huge.

Though it’s true that this acquisition will allow Google to fully enter into the IoT industry, and to give them a voice and a seat in these working groups and consortia where they are not present today, this is not enough to explain such an acquisition by a bet on the future.

Considering the price of $3.2bn – and leaving aside the future integration, marketing and operation costs – to be break even NEST would have to sell a $250 thermostat to half of the 132 million US homes, which with their current ratios would translate into about $16bn of revenue and $3.3bn of margin. This is unlikely. It won’t happen in the short term or in the mid term.

Also, we should not forget that unlike an iPod or an iPhone, a NEST thermostat sells on an equipment market and not a replacement market: nobody is going to upgrade its domestic thermostat every 24 or 36 months. Moreover, one cannot consume or purchase additional content or services from a NEST thermostat. At least not yet, but you will see later in the article that NEST has some app store envy for it’s signature device.

Google enters the house? No.

Another very common yet very unconvincing theory: By acquiring NEST, Google finds a way to enter the home and will be able to know and learn everything about the lifestyle and consumption habits of its inhabitants.

Inevitably comes right after that the sensitive question of the personal data and all the fantasies that go around – which can be easily understood in the middle of the NSA psychodrama. This theory says that Google’s advertising business would then be able to place targeted ads based on this collection of domestic data.

Not only this is not possible because of the NEST Privacy Policies, but it is unclear how these data could tell more about our tastes and habits that this Android phone that lives in our pocket and follows us everywhere.

Of course, we could imagine some interesting scenarios by merging data from our agenda, from the weather forecasts and our home thermostat, all delivered via Google Now on your Android phone. OK, this could be interesting, but not THAT interesting.

There’s nothing really groundbreaking in here, and ultimately there is nothing in there as lucrative as Google’s current advertising business. The ad business is his real cash cow: some say it represents 120% of Google’s revenue and more than 60% margin, all other activities today being experiments and cost centers.

Home automation has been a topic for decades, even before the Internet. So why would 2014 be the year of home automation? Or may be 2015? May be it’s just the same way that some repeat every new year that it’s going to be “the year of mobile”.

Google strengthens its patents portfolio? No.

Another explanation we can read in the press: NEST has certainly applied for a large collection of patents and Google would like add them to its portfolio, in order to avoid potential legal and commercial issues in the future. May be.

But think about: Would Google pay $3.2bn just to acquire IP? One could argue that they’re a similar case with Motorola’s acquisition. Until now (1), the real benefits from this massive $12bn acquisition are that Motorola’s patent portfolio have created a shield allowing Google to develop Android without fearing trials or being slowed down by Patent Trolls.

Then why?

We end up running in circles and scratching our heads: But why did Google buy NEST? That’s the plan, if any?

Even Jean- Louis Gassé, a well-informed and famous former Apple employee, comes to the conclusion that maybe there isn’t a clearly defined plan, and maybe all this happened just because Google could do it.

Barry Rithholtz, from the Washington Post, says it may just be a defensive move, some kind of insurance policy – that they is finally not so expensive if you consider Google’s quarterly revenue and they cash flow. There’s certainly a bit of that, but ultimately the explanation lies elsewhere.

Jean-Louis Gassé also reminds us of some people commenting the acquisition saying that Apple should have acquired NEST rather than Google. I do not agree.

Beyond the design of the object, the excessive care and quality of the manufacturing and “Out of the Box experience” which is very Apple-ish, the rest of the big picture has much more in common with a pure engineering project a la Google.

If Apple had acquired NEST, they would have probably just offered the device shelf in their Apple Stores, while Google by contrast knows exactly what to do with NEST. And this changes everything.

Introducing the NEST Energy Services…

After doing some deep searches, I ended up finding interesting information, and in particular I heard about the NEST Energy Services, an offering that augments the NEST thermostats value proposition in a very logical way.

From there, we start to envision the big picture, and we understand that the ultimate purpose of the NEST thermostat is not to provide more comfort and help a home owner to save on his energy bills. No, once again, the real value of this smart connected thermostat is elsewhere.

It turns out that NEST has established trade agreements with several energy suppliers, and that the latter offer cash incentives to customers who agree to play the game.

What is the goal? The objective is to better control and regulate energy consumption.

The goal is to control and regulate the energy consumption not in a house, but on the scale of a city, a state or a country. It’s all about avoiding energy shortage and expensive prices during consumption peaks. During these peaks, the price of a kW can vary from 1 to 100, and it costs to both the homeowner, and the energy provider, because it’s a regulated market and the maximum price an energy utility can charge a consumer is capped (the difference in price is then supported by the energy supplier).

The NEST thermostat is the node sensor in every home that will enable energy suppliers to master of the Smart Grid without having to make deep investments and infrastructure changes.

Now we see it. The stakes are high, and every single home is concerned. This goes far beyond the fantasy about this overhyped Internet of Things market to be. This is real economy and real benefits.

Google and the energy market then?

By connecting the dots, the pattern starts to appear…

It is little known but there is a Google subsidiary called Google Energy LCC which has received all the necessary agreements from the FERC in order to be a player in the energy market, and to sell and buy power at market price. This fact is revealed in this interview (skip to 1’40″) .

Do you see the pattern now? All right, now you can read this article from April 2013 about NEST Energy Services and everything will be much clearer.

Beyond NEST

Lately, Google has also acquired more than half a dozen of robotics companies, including Boston Dynamics that is funded by ARPA military research funds and does really incredible things, and also another company called Deepmind, specialized in AI and very discreet about their research and what they really do. Oddly, all this has generated much less conversation than the acquisition of NEST. I suppose that this is a sign that the Internet of Things topic is on a peak of hype right now, may be it’s a CES effect.

Taking a step back and looking at this big picture, it still makes sense. It is consistent with what Google has accustomed us to: the use of technology in sometimes unexpected ways to solve common everyday life questions and problems, and to simplify recurring human tasks: From the driverless cars, to Google Maps, to domestic robots, to Google Flu trends or smart contact lenses, the keywords are simplification, automation and optimization.

To be continued…

Notes and references

(1) A couple of days after this article was first published in French on Jan 29th, Google confirmed that they had sold a part of Motorola Mobility assets to the Chinese company Lenovo. However, Google will keep a portfolio of more than 17,000 patents from Motorola. What is the amount of the sale? Something about $2.9bn. Well, it seems that Google has just gotten back what they paid for NEST…

 

This article was originally published in French on Diginomos. This is an English version for your convenience. Please let me know if you find typos or grammar errors in this text. Thx!

Dec 16, 2013
Christophe Lauer

L’internet des Objets à la recherche d’une langue commune

internet-of-things-pipe-dream-or-reality

L’Atelier BNP Paribas vient de publier un article ayant pour titre “L’Internet des Objets en quête d’interopérabilité“.

Abstract : 

“Pour accélérer le déploiement d’objets connectés dans des secteurs variés, les géants technologiques forment une alliance visant à instaurer davantage de standardisation dans cette industrie naissante.”

Précisément.

Maintenant sur le sujet spécifique du consortium “AllSeen Alliance“, regroupant une longue liste de constructeurs, géants de l’électronique et autres grands groupes – dont certains sont en concurrence frontale sur différents marchés –  je crois qu’il ne faut pas en attendre grand chose, au moins pas à court ni moyen terme. Et le tout étant formé sous la haut patronage de la Linux Foundation, ce qui ne manquera pas d’y ajouter une bonne dose d’idéologie là où le besoin serait avant tout plus de pragmatisme.

On a déjà eu par le passé assez d’exemples de larges consortiums industriels autour de différents domaines allant des web services, des portlets, et autres sujets présentant de fortes composantes technologiques pour voir ce que ça a donné : des specs, du papier, des piles de papiers, des specs parfois trop floues pour être implémentables, ou pas assez complètes pour couvrir un sujet donné et garantir l’intéropérabilité.

La promesse de l’intéropérabilité et ses bénéfices sont à mettre en perspective avec le fait d’avoir à implémenter 500 pages de spécs et pondre 1000 lignes de code pour le moindre bouton ou le moindre capteur. C’est tout de même un gros frein à la créativité et à la tendance au prototypage rapide prôné par les FabLabs ici et ailleurs.

Là encore, je crois que des initiatives moins ambitieuses mais avec une approche plus pragmatique permettront de mettre rapidement à disposition les briques techniques dont les pionniers de l’IoT (Internet of Things) vont avoir besoin.

Un contre exemple en la matière étant la plateforme Sen.se, annoncée depuis 3 ans et dont on attend toujours de voir la concrétisation.

(Crédit image)

A propos


A propos : Business Director chez Emakina.FR.
Ex-Adobe ; ex-Microsoftee.
Je vis entre Paris et New-York entre Paris et deux avions, et ceci est mon blog personnel.
"Opinions are mine. Best viewed with a brain. Yada yada ..."

More about me...