Découvrez… le niveau zéro du storytelling

« Découvrez… » partout, tout le temps.

Est-ce que les Concepteurs-Rédacteurs seraient devenus une ressource si rare ou si chère que tellement de publicités et d’accroches marketing semblent avoir été écrites par des stagiaires ? C’est une épidémie presque aussi vaste que celle du non moins pathétique « Bien plus que… ».

« Découvrez… » partout, tout le temps.

Est-ce que les Concepteurs-Rédacteurs seraient devenus une ressource si rare ou si chère que tellement de publicités et d’accroches marketing semblent avoir été écrites par des stagiaires ? C’est une épidémie presque aussi vaste que celle du non moins pathétique « Bien plus que…« .

Alors certains vont penser que c’est encore une de mes manies, comme avec la police Comics Sans MS, mais sincèrement, est-ce que l’utilisation de ce « découvrez » quasi systématisé comme formule passe partout pour une accroche marketing ne devrait pas être (enfin) sévèrement punie ?

Pourquoi tant de haine ?

Tout simplement parce qu’une accroche qui démarre par « Découvrez » c’est à tous les coups le signe d’une occasion manquée. Une occasion de parler à votre cible, de parler à vos audiences.

« Découvrez… » c’est un peu comme si la marque vous mettait son produit sous le nez sans idée précise de ce que vous pourriez bien en faire,  ni même de si ça pourrait vous plaire. Alors « découvrez… » c’est déjà un peu un aveu d’échec : « Ben non, on ne vous connait pas, on ne sait pas ce qui vous intéresse et ce que vous aimez, mais s’il vous plait, consacrez 5 minutes de votre temps à essayer de comprendre notre produit et de voir si, sur un malentendu, vous ne pourriez pas être dans la cible de nos acheteurs…« . Pithy.

On est en 2018, bon sang. Le marketing est digital (ou disons numérique, pour les pénibles) et tout le monde s’accorde à dire que la data est à la base de tout marketing moderne. Fine.

What’s in it for me?

Alors dans ce cas, pourquoi ça serait à moi, internaute, badaud, même pas forcément prospect, de perdre mon temps et mon énergie à « découvrir » votre dernière création magnifique qui vaut bien le budget que vous avez consacré à cette superbe campagne ?

Ne pensez vous pas que ça serait plutôt à la marque de se poser la question de comment et en quoi ce produit peut m’intéresser et représenter pour moi une valeur d’usage ?

How to?

La connaissance client sauvera le monde. Ou au moins le monde du marketing. Connaître ses clients, ça n’est pas seulement avoir leurs noms, prénoms, adresse email et date de naissance, c’est savoir quelles sont leurs moteurs, leurs centres d’intérêt, leurs loisirs, etc.

Je l’ai déjà mentionnée ici mais cette (désormais ancienne) campagne de lancement du Samsung Galaxy S7 devrait être le standard, or deux ans plus tard, elle demeure presque encore l’exception.

L’approche a consisté en une segmentation de leurs cibles sur la base de leurs centres d’intérêt, mises en regard des fonctionnalités spécifiques du Galaxy S7, se traduisant au total par plus d’une centaine de créas différentes relayées par leur DMP : Tel prospect est un jeune urbain clubber, les avantages mis en avant seront les capacités de prise de photos en intérieur et par faible lumière, tel autre est adepte de grandes randonnées, on va mettre en avant la durée de la batterie et la solidité du device, enfin tel autre est amateur de séries TV, on lui présentera la facilité d’extension mémoire par cartes SD… Simple et efficace.

L’ampleur des dégâts

Voyez par vous mêmes. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.

Peut mieux faire

On peut mieux faire que « découvrez… ». Toujours. A chaque fois il est possible de faire mieux. Creusons-nous un peu la cervelle, ça vaut le coup, et ça ne peut qu’avoir un impact positif sur les résultats des campagnes :)

Merci.

Votre Fidélité Récompensée !

Je suis joueur. Ce matin l’aimable caissière du Franprix de mon quartier me propose la carte de fidélité, et m’indique que je peux m’enregistrer en ligne. Pratique, non ? Mais étant d’un naturel méfiant, je suspecte un truc…

Je suis joueur. Ce matin l’aimable caissière du Franprix de mon quartier me propose la carte de fidélité, et m’indique que je peux m’enregistrer en ligne. Pratique, non ? Mais étant d’un naturel méfiant, je suspecte un truc…

 

 

Alors comme je suis joueur, de retour chez moi je lance Firefox, je vide tous les cookies et autres données et je procède à mon inscription en ligne.

 

A l’issue du processus – pendant lequel je dois fournir nom, prénom, adresse, email, mobile et indiquer le nombre de membres de mon foyer, je compte 65 nouveaux cookies tout frais dans mon browser, dont la majorité provenant des plus actives parmi les boites de l’ad-tech.

 

 En voici une liste partielle :
  • Adsrvr.org (The Trade Desk)
  • Pubmatic
  • Google (bien entendu !)
  • Bluekai (qui est désormais la DMP de Oracle)
  • Facebook (forcément aussi, bien que je me sois bien gardé d’utiliser le Facebook Login)
  • SmartAdserver
  • Mediarithmics
  • Rubicon Project
  • StickyAd
  • Weborama
  • Krxd.net (aka Krux, désormais la DMP de Salesforce)
  • Demdex (donc cette fois la DMP de Adobe)
  • OpenX
  • 3WRégie
Voilà voilà. Si vous vous demandiez où et comment se passent les ID Sync entre les plateformes d’ad-tech, sachez que c’est très souvent chez les e-commerçants que ça se passe, là ou vous avez tout intérêt à fournir vos vraies données et coordonnées – parce que vous comptez bien recevoir votre commande rapidement et à la bonne adresse, mais donc comme on vient de l’expérimenter, ceci ne se passe pas uniquement chez les Pure Players. Soit typiquement, chez les retailers clients du dernier acteur de la liste.

 

Allez, profitez-en bien les gars, parce que très prochainement la GDPR et ePrivacy vont siffler la fin de la récré…

 

En attendant, c’est comme dans « La Haine » : on dirait que pour le moment la posture de l’industrie de l’ad-tech c’est « Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »

 

[Edit du 21/Fév/2018] Puisque ce sujet semble vous passionner (plus de 5,600+ vues sur LinkedIn), je me raccroche à l’actu récente : dans le cas que je décris, on aura bien compris que 1/ je ne suis pas loggué sur Facebook et 2/ je n’ai surfé sur aucune web property de Facebook. Pourtant j’en récolte un cookie. Voilà ce qu’en pense Bruxelles : https://techcrunch.com/2018/02/19/facebooks-tracking-of-non-users-ruled-illegal-again/ A méditer…

Do you really need a DMP in 2018?

A couple of months ago, I was discussing with two business contacts of mine about their plans and priorities for 2018: they had to decide about strategic investments, and they asked my opinion about choosing and implementing a DMP for their business. This got me thinking. Well, it’s 2018, and DMPs are so 2016…

A couple of months ago, I was discussing with two business contacts of mine about their plans and priorities for 2018: they had to decide about strategic investments, and they asked my opinion about choosing and implementing a DMP for their business. This got me thinking.

Well, it’s 2018, and DMPs are so 2016…

Reminder : DMPs are an (optional) link in the RTB programmatic chain. DMP’s main capability is to combine 1st, 2nd and 3rd party data in order to create specific audience segments, to be exposed to display ad campaigns.

If your live in the EU, or if your business has some B2C activity with individuals from Europe, then you will soon be bound by the now famous GDPR regulation. As we’ll explain here after, the GDPR regulation has some direct consequences on the way a DMP (and on a wider scale, the programmatic ad-tech industry) can be operated.

3rd Party Data Vendors

The business of selling massive amounts of anonymous data will probably not survive GDPR. This business was already in bad shape a couple of years ago, and most of the pure players had tried to pivot to some other form of activity, but this time it’s getting worse. GDPR enforces full opt-in for data collection, and makes it mandatory to clearly state the all usages for the collected data.

Where do 3rd Party Data vendors collect their data from has always been the dirty little secret in this ad-tech industry. It’s in nobody’s interest to ask too much questions. All you want to know, is that someone acts as a proxy, sells data and does the dirty job in the back-office. And I won’t even discuss 3rd party data accuracy.

Here for instance, Oracle Bluekai thinks I’m a soccer and WorldCup enthusiast, and a NASCAR fan. Those of you who do know me also know how ridiculous this is.

It’s going to be _very_ tough for data vendors to be able to collect, trace, anonymize and allow for deletion of all collected data. I honestly don’t see how these business could survive. The funny thing is that every now and then, I stumble on interviews from 3rd party data vendors(*) who swear to God that they are already GDPR compliant, or they will soon be…

The market for 3rd Party Data is almost dead. Let’s consider DMPs only for 2nd and 1st party data then…

(*) : not all of them.

2nd Party Data

Second party data is just someone else’s first party data. 2nd party data happens when several advertisers and/or published agree to ID sync and share information about their common audiences. With GDPR, all data collected will have to be collected with full opt-in, and after presenting all the details of the use of the data to the individuals.

Collecting the opt-ins for a 2nd party data sharing scenario on some Example.com website could look like this:

Do you believe that many people would simply click « OK » and blindly accept to share their personal data with sites and services they never heard about, if they are asked to? I don’t think so.

I think we can assume that 2nd party data partnerships will disappear when GDPR comes into play.

OK then. Let’s play safe and use DMPs just for 1st party data

Why not. But if your DMP is only useful for using your first party data for segmentation, you could probably directly use some modern DSP capabilities. Or if you want to use some of your CRM data, you could use services of some CRM onboarder like Temelio or Graphinium. Or if you want to do social advertising, or retargeting, you could use formats from Facebook, Amazon, Google, or twitter such as « custom audiences », RLSA, and the likes.

And you don’t need a DMP. And you don’t have to spend 3 to 6 months on the deployment and invest between 100 and 200k€ of your budget on year 1 just for the platform fees and setup.

DMPs for insights and customer intelligence?

Not really either. In a recent industry report, 9 out of 11 DMP vendors were rated « Poor » about « Analytics and audiences insights offerings ». By design. Simply because most of the DMPs were designed as activation platforms, not as analytics platforms. There’s a disconnect between DMP capabilities and the reality. In my opinion, this is partly caused by the name « Data Management Platforms » and the fact that few people do their homework and fully try to understand what they’re really buying.

If you want to get insights about your customers, and want one platform for actually managing all PII and non-PII data, also while keeping track of the opt-ins and be able to provide an audit trail, you should probably look for CDPs (aka Customer Data Platforms) which are getting more and more popular as the deadline for GDPR compliance comes closer.

If I was running your business, would I buy a DMP in 2018?

Would I sign a PO for a three years engagement for a DMP, if I were you? Probably not.

More than 50% of enterprises currently use a DMP, either directly or through an agency partner, according to Gartner’s Marketing Technology Survey (published Sept 2017, also numbers may slightly differ in our old Europe). Of the marketers without a DMP, one in five felt they didn’t need one.

Does this means that it’s the end of « Data Driven Marketing »? Absolutely not. There are many tools and solution alternatives, and also, GDPR is a great opportunity for businesses for adopt a different, more long term and customer centered approach to online marketing. And I’m convinced that your customers will appreciate this.

The Golden Age for DMPs is behind us. I’m glad I wrote my DMP blog posts series in 2016 :)

What then?

Start with small data. Do your homework. Understand your customers. Understand who they are, and why they buy from you, what they like in your brand and products. And surprise them. Please them. Add value by easing their lives as a customer, solving one issue at a time.

See also…

[DIGIDAY UK] GDPR is coming, and data management platforms are in the crosshairs

[DIGIDAY UK] With GDPR looming, DSPs are under pressure to adapt

[DIGIDAY UK] Ad retargeters scramble to get consumer consent

DMPSeries #6 – De l’importance d’avoir défini les Use Cases DMP

Dans le billet précédent, j’ai présenté 5 facteurs qui – à mon sens – sont clé dans la réussite d’un projet DMP chez un annonceur. Le second point insistait sur l’importance des Use Cases et des KPIs. Ici j’explique pourquoi.

Sixième billet d’une série consacrée aux plateformes DMP.

Dans le billet précédent, j’ai présenté 5 facteurs qui – à mon sens – sont clé dans la réussite d’un projet DMP chez un annonceur. Le second point insistait sur l’importance des Use Cases et des KPIs.

Alors bien entendu, si ça semble être simplement du bon sens de dire qu’avant de se lancer dans un projet de mise en place d’une DMP, il est plus que conseillé d’avoir déjà réfléchi en amont à l’utilisation de cette DMP et à quels cas d’usage on souhaitera répondre. Ça frise la Lapalissade :)

Mais au delà de ce truisme, il faut comprendre que le fait d’avoir pris le soin en amont de définir et de documenter de façon claire et compréhensible une liste de Use Cases prioritaires sera bénéfique non seulement au projet DMP lui-même, mais aussi plus largement à votre société.

Les bénéfices obtenus seront de plusieurs ordres :

a – Les bénéfices en interne

  • s’assurer qu’on a bien identifié tous les besoins et les business cases qui seront confiés à terme à la DMP
  • collecter l’ensemble des besoins des différents services : branding, marketing, pays ou départements, marques, CRM, etc

On aura pris soin de recenser tous les besoins surtout en termes d’activation, de la part des différents services : l’équipe acquisition, le marketing, les agences média, le CRM, les ventes, les différents départements / marques ou pays, etc.

On évitera ainsi de lancer un projet de DMP qui serait uniquement piloté par exemple par l’équipe acquisition avec une vision très media et display tout en oubliant les uses cases du CRM, ou réciproquement.

Le fait d’avoir listé l’ensemble des besoins et des cas d’usage des différents services et départements permet aussi – bien entendu – d’obtenir leur adhésion au projet dès le départ, et de pouvoir prioriser les différents use cases, car il y aura immanquablement des arbitrages à opérer, et certains use cases pourront être repoussés pour les phase II ou phase III du projet.

b – Les bénéfices pour le chiffrage

  • lister les sources de données à prendre en compte
  • lister les plateformes d’activation à prendre en compte
  • valider la faisabilité technique / fonctionnelle / juridique des use cases

Les principaux bénéfices à ce niveau sont assez clairs : soumettre vos use cases aux fournisseurs technologiques (ie les éditeurs de plateformes DMP consultés dans votre RFP) permet de vous assurer que la plateforme sélectionnée sera en mesure d’opérer les use cases que vous comptez réaliser. Ca n’est pas anodin.

Accessoirement, ceci permet aussi au fournisseur de réaliser un chiffrage plus précis, parce qu’ayant une vision plus détaillée du travail d’intégration et de configuration à réaliser (besoin de mettre en place un import de données CRM ou pas, nombre de sites Web à tracker, nombre de plateformes DSP à interfacer, avec des connecteurs standards déjà existants ou bien des besoins d’intégrations spéciques, etc.)

c – Les bénéfices pour la planification du projet d’implémentation

  • prioriser la réalisation des use cases (ie imports CRM en phase 1 ou phase 2 ; use cases LAL nécessitant un cookie pool déjà conséquent ; etc)
  • matière de base pour prioriser (prioriser sur 3 axes : urgence, importance, délai de mise en oeuvre)

Là encore, les éditeurs de plateformes DMP et leurs équipes projet ont l’habitude de réaliser ce type de projet. Ils sont en mesure de vous conseiller sur un planning et un phasage optimal pour la réalisation de vos use cases. Typiquement, le use case très populaire qu’est le « look alike modeling » est généralement relégué en phase II ou en phase III, car il suppose pour être efficace que la DMP ait au préalable collecté un volume de profils et de données conséquent. On ne met pas en œuvre un « look alike modeling » dans les 3 premiers mois d’un projet DMP. Ca serait juste du temps perdu.

d – Les bénéfices pour le déroulement du projet d’implémentation

  • prioriser les uses cases c’est aussi pouvoir planifier les besoins et les disponibilités des resources. Par ex, on saura que sur la 2ème quinzaine de tel mois, on aura besoin de l’IT pour réaliser l’export depuis le CRM vers la DMP, etc
  • ensemble des uses cases = ensemble des données devant être collectées et des “personas” d’audiences à considérer, donc à partir de là on peut lister les données nécessaires, rechercher les sources de données correspondantes en 1st party, voire le cas échéant chercher à complémenter via de la 2nd party, auquel cas on n’attendra pas la fin de l’implémentation de la DMP pour entamer les discussions de partenariat et le paperwork lié à l’échange des données, ou autre type de contrepartie
  • aussi, in fine, disposer du catalogue de l’ensemble des données à considérer permet d’en déduire et de définir les taxonomies

Et c’est ici sans doute l’argument le plus important : c’est uniquement par l’étude des use cases souhaités et priorisés par le client qu’il sera possible par déduction de lister les données nécessaires devant être collectées par la DMP, et que l’on pourra aussi en déduire les taxonomies pour ces données. Le cas échéant, quand les données nécessaires ne seront pas disponibles directement en 1st Party sur les sites web ou apps du client, on pourra investiguer dans les jeux de données des fournisseurs 3rd Party ou bien imaginer des partenariats de données 2nd Party avec d’autres acteurs.

Quels use cases considérer ?

Les use cases à considérer ne sont pas uniquement restreints à ceux qui répondent à la question : « quel contenu ou quelle bannière vais-je afficher à telle ou telle audience ? ».

Par exemple, c’est le cas de cette chaine d’hôtellerie haut de gamme qui exclue de toutes campagnes de publicité en media display les 5 ou 10% de ses meilleurs clients, qui sont des business travelers et qui réservent déjà naturellement plusieurs nuitées par moi dans les enseignes du groupe. La marque a décidé de ne pas risquer de froisser et d’ennuyer ses clients fidèles avec des publicités inutiles. En revanche, elle laisse aux équipes CRM et aux programmes de fidélisation toute latitude pour s’assurer que ces meilleurs clients seront très bien servis et qu’ils seront satisfaits de leur expérience avant, pendant et après leurs séjours dans l’hôtel.

Bonus : Avoid the « Creep Factor »

Citation de Tom Goodwin de l’agence Zenith (voir à ce sujet mon précédent billet) :

« Millions of conversations in media is about data, distribution and targeting.
Nothing about the actual ad served. »

Quand on imagine les Use Cases, on devrait aussi et surtout se mettre à la place du client final, du prospect. Par exemple, le cas de l’opérateur Telco qui envoie un emailing de promo sur les nouveaux forfaits 4G (ou broadband, disons fibre) à des clients existants qui… ne sont pas éligibles à l’offre parce qu’ils vivent dans une zone/région non couverte. Il en résulte de la frustration du client.

Pourtant l’opérateur détient toutes les données utiles et connait son client.

En principe !

Disclaimer

Jusqu’à encore récemment, je fus ingénieur avant-vente spécialisé sur la DMP chez Adobe. Néanmoins, je m’attache ici à présenter le sujet DMP de façon neutre, en restant au niveau des généralités, sauf mention contraire. Ce billet fait partie d’une série de billets consacrés aux DMP. Vous pouvez trouver la liste de ces billets via ce lien.

DMPSeries #5 – Facteurs clés de succès d’un projet DMP

Dans ce billet, j’évoque quelques sujets et points d’attention qui doivent être pris en compte avant de mettre en œuvre une plateforme DMP. C’est un peu un pêle-mêle, mais vous devriez vous y retrouver. Bonne lecture !

Cinquième billet d’une série consacrée aux plateformes DMP.

Je profite de quelques jours de coupure des fêtes de fin d’année pour rédiger et poster le 5ème billet de la série DMP. Le précédent billet date de quelques mois déjà, et j’avais prévu d’en publier 7 ou 8 dans la série. Il était temps que je m’y remette !

Dans ce billet, je vais évoquer quelques sujets et points d’attention qui doivent être pris en compte avant de mettre en œuvre une plateforme DMP. C’est un peu un pêle-mêle, mais vous devriez vous y retrouver.

1 – Avoir des objectifs clairs

Vous êtes sur le point de lancer votre entreprise dans la mise en œuvre d’une plateforme DMP, un projet qui va s’étaler sur plusieurs mois (généralement entre 3 et 6 mois) et qui s’accompagnera d’une facture pour votre entreprise de quelques centaines de K Euros pour la première année, entre les coûts de mise en œuvre et les frais de licence. Parfait.

A ce stade, vous devez a minima avoir les idées claires sur les objectifs recherchés, sur la question de qui est le principal commanditaire et qui sera le « owner » de la DMP et qui l’opèrera au quotidien.

Si, comme la plupart des clients, vous passez par une phase très formelle de RFP pour sélectionner la plateforme DMP que vous mettrez en œuvre dans votre entreprise, prenez soin de bien détailler ces aspects dans le document de consultation. Les réponses que vous recevrez des différents fournisseurs technologiques n’en seront que meilleures.

Ceci se décline directement sur le point suivant (2 – Use Cases & KPIs) et également sur le point 3 consacré à l’organisation.

2 – Use Cases et KPIs

Si vous êtes sur le point de lancer un projet DMP dans votre entreprise, vous devriez disposer des principaux Use Cases (*) que vous voudrez implémenter. Non seulement ceci vous permettra en interne de vous assurer que toutes les parties prenantes sont en phase, mais en plus, ces Use Cases seront très utiles comme base de discussion avec les fournisseurs technologiques afin d’évaluer les capacités de leurs solutions DMP dans _votre_ contexte. Traduction : les descriptifs de ces Use Cases doivent absolument figurer dans les dossiers de consultation RFP.

(*) Pour rappel, le second billet de la série comporte une liste des use cases classiques pour un annonceur.

Un dernier point concernant les Use Cases : de ce côté de l’atlantique, nous n’avons pas la chance d’avoir des audiences aussi importantes que celles de nos voisins nord-américains. Chez eux, tout est plus simple : il leur suffit de quelques use cases basiques d’exclusion pour réaliser des économies conséquentes sur leurs dépenses média en Display RTB, ce qui permet d’assurer le ROI de la DMP.

Dans notre vieille Europe, les audiences sont plus fragmentées et les Use Cases sont ainsi nécessairement plus complexes, voire trop dans certains cas, et au final certains peuvent n’avoir aucun impact sur les dépenses médias. On ne joue pas à armes égales. C’est comme ça. Il faut le savoir.

Si le sujet du ROI de la mise en œuvre de la DMP est un sujet important dans votre entreprise, veillez à réaliser des projections plausibles.

Comment choisir ces Use Cases et combien en retenir ?

Par expérience, suivant le spectre des techniques que vous voudrez utiliser, entre 3 et 10 use cases relativement détaillés permettent de faire le tour de la question. Pensez à indiquer des niveaux d’importance relatifs (mandatory ; important ; facultatif) pour chacun, surtout s’ils sont nombreux.

En général, les dossiers de consultation RFP sont préparés avec l’aide ou parfois intégralement par un prestataire externe, type cabinet conseil ou agence spécialisée. Ces acteurs sont généralement habitués à sélectionner et à prioriser les Use Cases importants.

Comment choisir les KPIs à suivre ?

Au niveau des use cases, mais aussi de façon plus globale, il est important de réfléchir en amont et de se concerter en interne entre toutes les parties prenantes sur les KPIs à suivre au long de la mise en œuvre du projet DMP, et sur les premiers mois de son exploitation.

Ainsi, ces KPIs viseront non seulement à s’assurer de l’intérêt de l’utilisation de la DMP (diminution des coûts d’acquisition ; économies réalisées sur les budgets média Display RTB ; augmentation de la perf des campagnes en CTR et conversions ; diminution du churn des utilisateurs ; augmentation du panier moyen ou de la fréquence des commandes ; performances comparées entre deux DSP ; etc.) mais aussi à suivre et à s’assurer du bon fonctionnement de la plateforme (nombre de visiteurs « cookifiés » ; taux de match en cross-device ; pourcentage des contacts CRM matchés ; etc.)

3 – Organisation & Exec Sponsor

L’organisation tant interne que externe du projet DMP est un sujet primordial, voire crucial.

On a tous entendu parler de projets DMP qui mettent des mois, parfois plusieurs semestres avant de démarrer, où d’autres qui ne démarrent jamais. A mon sens, dans une majorité des cas, les causes sont à rechercher du côté de l’organisation mise en place, ou de l’absence d’organisation mise en place, justement.

En effet, un projet DMP fait directement intéragir des services et des départements qui ne travaillent pas habituellement ensemble : marketing, ventes, le channel, le online, les apps mobiles, la DSI, le légal, les agences média, les partenaires conseil, sans oublier les fournisseurs technologiques. Et ça n’est pas toujours simple.

Aussi, il est primordial de définir une organisation, de distribuer les rôles et les responsabilités, et de nommer un Exec Sponsor qui aura autorité en interne pour faire exécuter ce qui est nécessaire.

Pour définir les rôles et responsabilités, un RACI doit être réalisé et accepté par les différents intervenants internes et externes, et un Chef de Projet doit être nommé. Il ou elle aura le soutien de l’Exec Sponsor qui lui confèrera ainsi la légitimité pour faire décider, exécuter, relancer, mais aussi parfois pour arbitrer et trancher.

4 – Moyens & pré-requis

Ici principalement il s’agira de confectionner une Check List détaillée, revue et validée par le fournisseur technologique retenu, des différents chantiers à réaliser dans l’optique de l’implémentation de la DMP : pose du tag DMP sur les sites Web, revue des plans de marquage du web analytics, modifications du dataLayer, instrumentation des apps mobiles, imports et exports avec le CRM ou le datalake le cas échéant, etc.

Typiquement, on peut rencontrer des cas dans lesquels on s’aperçoit que les plans de marquage du web analytics ne sont pas à jour ou pas à niveau et que ceci devra être réalisé prioritairement et en préalable au démarrage de l’implémentation de la DMP. Avec les délais et les surcoûts que cela va engendrer…

5 – Accompagner le changement

Comme le soulignait Alexandre Azzopardi dans ce billet en Anglais, un projet DMP est souvent considéré – à tort – comme un projet technique. En réalité, il n’en est rien. La composante technique d’une implémentation DMP est quelque chose de bien rôdé et de standardisé.

En revanche, un projet DMP implique généralement des changements dans l’organisation, parce qu’il nécessite de faire collaborer des acteurs qui au préalable ne travaillaient pas ensemble, typiquement la DSI et les agences média, ou le juridique.

Bien que ceci semble être une grosse contrainte, il ne faut pas négliger les aspects vertueux de ces changements d’organisation. Il existe plusieurs témoignages d’entreprises qui ont obtenu des bénéfices inattendus en termes d’agilité et de vitesse d’exécution de leurs campagnes, indirectement du fait de la mise en œuvre d’une DMP.

En conclusion

En synthèse, le point sur lequel je voulais insister à travers ce billet est celui de l’organisation et du partenaire. Dans 9 cas sur 10, une entreprise gagnera à mandater un partenaire (agence média, cabinet conseil, etc) pour l’accompagner sur les aspects de conduite de projet mais aussi de pilotage de la stratégie d’utilisation de la DMP, après sa mise en oeuvre. Bien entendu, ceci représente un coût supplémentaire mais c’est un facteur clé de succès dans la mise en oeuvre d’une DMP, voire le premier facteur clé en termes d’importance.

A suivre

Le prochain billet #6 sera une liste de Do’s and Don’ts à propos de la mise en œuvre et de l’utilisation d’une plateforme DMP. Après réflexion, dans le prochain billet je détaillerai les différentes raisons pour lesquelles la définition des Use Cases en amont d’un projet d’implémentation DMP est quelque chose de crucial. La liste des Do’s and Don’ts est repoussée au billet #7 de la série.

Disclaimer

Je suis ingénieur avant-vente spécialisé sur la DMP chez Adobe. Néanmoins, je m’attache ici à présenter le sujet DMP de façon neutre, en restant au niveau des généralités, sauf mention contraire. Ce billet fait partie d’une série de billets consacrés aux DMP. Vous pouvez trouver la liste de ces billets via ce lien.